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Une civilisation du cheval : les usages de l’équidé
de la steppe à la taïga, par Carole Ferret. Préface de Jean-Pierre Digard. Postface
de Jean-Louis Gouraud. – Paris : Belin, 2009 ; 352 p. + 8 coul. ISBN : 978-2-7011-4819-9 Ouvrage publié
avec le concours de l’IFEAC Attribut
indispensable du guerrier nomade dans les empires des steppes, le cheval
demeure un instrument fondamental dans la vie quotidienne des peuples turco-mongols
de Sibérie et d’Asie centrale. Libre et soumis, monté et sacrifié, trait,
mangé et corroyé, conté et chanté, l’équidé ne se contente pas d’être le
faire-valoir de l’homme qu’il porte. De la Iakoutie au Turkménistan, il
imprègne tous les pans de la culture. Ses usages n’ont pourtant, jusqu’à
présent, fait l’objet d’aucune étude approfondie. S’appuyant sur
une recherche de terrain menée depuis 1993, l’auteur nous découvre ici les
multiples formes d’utilisation du cheval chez les Iakoutes (mais aussi chez
les Bouriates, les Kazakhs, les Kirghizes…). Les différentes parties de son
corps fournissent un éventail de produits étonnant. Son énergie est exploitée
sous le bât, la selle ou par le trait. Enfin, sa présence, son comportement
et son image motivent toute une gamme de signes, jusqu’à devenir un emblème
national. Notre héros, le
cheval iakoute, est un animal étrange, aux avatars multiples : vieux comme le
mammouth, bon comme le cochon, laineux comme un mouton, il est le vaisseau de
la taïga et sa figure représente une vache à l’envers. L’enquête révèlera
que, inventée par les pasteurs de la steppe, règne encore là-bas, dans les
confins glacés de l’aire altaïque, une civilisation du cheval. Carole Ferret
est docteur en ethnologie, chercheur à l’Institut français d’études sur l’Asie
centrale (Tachkent) et affilié au Laboratoire d’anthropologie sociale
(Paris). Prônant une anthropologie de l’action, ses recherches visent à
comparer traitement de la nature et traitement d’autrui en Asie intérieure. |
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